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La scène internationale.Le Secrétaire général de l’ONU FR

par | Sep 23, 2021 | Non classé | 0 commentaires

 

 

Le Secrétaire général de l’ONU et la scène internationale

Sur le discours du Secrétaire général à l’Assemblée générale des Nations Unies

 

Miguel Ángel Velasco cmf

Membre de l’équipe clarétaine à l’ONU

 

La figure du Secrétaire général dans le contexte des Nations Unies

 

L’ONU est parfois accusée d’inactivité ou de manque de pertinence sur la scène internationale. Indépendamment de la véracité de cette évaluation des Nations unies, il faut reconnaître que ses secrétaires généraux ont exercé la fonction d’être, à la fois, une présence critique, conciliante et porteuse d’espoir dans les situations très difficiles qu’ils ont dû affronter depuis la fondation de l’ONU en 1945. L’ONU est un espace de dialogue, d’accord et d’action pour parvenir à un monde véritablement pacifique et à une meilleure qualité de vie pour les êtres humains. Cela dit, le réalisme signifie que les Nations unies sont le reflet des relations internationales à un moment donné ; ainsi, la « guerre froide » entre les États-Unis et l’URSS s’est clairement reflétée dans le fonctionnement de l’ONU à cette époque. Les tensions entre les États-Unis et la Chine, l’Afghanistan, les vaccins COVID-19, ou les doutes sur la solidarité transatlantique des États-Unis envers l’Europe, sont tous présents dans le fonctionnement quotidien de l’ONU.

 

Tournons notre regard vers une figure qui, depuis 1945, est devenue de plus en plus pertinente tant pour décrire de manière impartiale la réalité du monde que pour concevoir des actions concrètes qui ont sauvé l’ONU de l’inaction. Ce personnage est le Secrétaire général. J’apporte ici deux paragraphes de l’ancienne charte de l’ONU (1945) sur le Secrétaire général :

 

Le Secrétaire général soumet à l’Assemblée générale un rapport annuel sur les activités de l’Organisation. (Art. 98b. Charte de l’ONU)

 

Le Secrétaire général peut porter à l’attention du Conseil de sécurité toute question qui, à son avis, peut menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationales. (Art. 99. Charte des Nations unies)

Souligné par le Secrétaire général sur la situation dans le monde. Assemblée 2021

 

La 76ème Assemblée générale annuelle des Nations Unies se tiendra du 21 au 27 septembre 2021. Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Gutèrres, remplissant son devoir et son droit en vertu de la « Charte des Nations Unies », a présenté le 21 septembre un rapport sur les urgences auxquelles le monde est confronté en ce moment et la place de l’ONU dans cette tâche.

 

Antonio Gutèrres a dressé un tableau extrêmement inquiétant en déclarant, dès la première phrase de son discours, que « le monde doit se réveiller » (peut-être voulait-il dire ses gouvernements) et réagir avec force à une réalité extrêmement dure. Pour M. Gutèrres, le mélange explosif se compose de : COVID-19, les décès et l’exacerbation des inégalités qu’il a causés ; la crise climatique et le danger réel de ne pas respecter l’accord de Paris sur le climat ; l’augmentation du nombre de conflits armés comme en Afghanistan, en Éthiopie, au Yémen, en Israël-Palestine et bien d’autres. 

 

Toutes ces terribles réalités ont mis en évidence le grand manque de solidarité entre les pays ; les solutions se font attendre ou ne sont tout simplement pas prises. Pour Mme Gutèrres, ce qui se passe avec les vaccins contre le COVID-19 est d’une clarté flagrante. Alors que les pays développés connaissent un succès de vaccination, allant jusqu’à jeter les vaccins parce qu’ils sont périmés, en Afrique, 90% de la population attend la première dose. Une réaction urgente est nécessaire de la part des pays développés, des entreprises pharmaceutiques et des banques de financement pour résoudre ce scandale ; les Nations unies sont tout à fait prêtes à tout faire pour changer cette réalité injuste.

 

L’action sur le changement climatique est clairement insuffisante. Il est nécessaire d’atténuer les conséquences du changement climatique et d’adapter le monde aux conséquences d’un changement presque inévitable. Des fonds sont nécessaires pour effectuer ces changements, mais une fois encore, la plupart des fonds débloqués sont allés aux nations développées et très peu aux nations en développement. On peut trouver un cas analogue dans ce qui se passe avec les fonds destinés à atténuer les terribles conséquences sociales du COVID-19.

Antonio Gutèrres, s’adressant à l’Assemblée générale. Anglais

Cela crée, selon M. Gutèrres, une maladie qui se propage dans le monde entier ; c’est le manque de confiance des gens envers leurs dirigeants. Constamment, au milieu de ces circonstances, ils entendent les politiciens parler de la situation comme d’un espoir ; mais, en revanche, leur vie devient chaque jour plus difficile et plus douloureuse. La conséquence est que l’espoir des gens, leur foi en la possibilité d’un monde meilleur, est brisé, et que les idéaux pour lesquels les Nations unies ont été fondées – la paix, la solidarité, les droits de l’homme, la dignité, l’égalité et la justice – sont brisés.

 

Tout cela doit être résolu ensemble. La solution doit être pensée et trouvée par le multilatéralisme ; mais les affrontements entre les nations les plus puissantes de la planète rendent la solution difficile. Nous devons renforcer la gouvernance mondiale afin de sortir de cette situation ; malheureusement, l’un des organes où ce blocage du multilatéralisme est le plus visible est le Conseil de sécurité des Nations unies. Gutèrres s’interroge sur la bonne attitude qui peut nous apporter la solution, dit-il aux dirigeants réunis en Assemblée générale :

 

« Nous sommes confrontés au moment de vérité. C’est le moment de le faire.  Il est temps de restaurer la confiance.  Il est temps d’inspirer l’espoir.  Et j’ai de l’espoir. Les problèmes que nous avons créés sont des problèmes que nous pouvons résoudre.

Ban Ki-Moon

Antonio Gutèrres, appelle à la création de ponts pour combler les 6 fractures de l’humanité

 

Le Secrétaire général propose un document élaboré conjointement par tous les organes du Secrétariat général de l’ONU : « Notre programme commun ». Il y présente des moyens, qu’il appelle des ponts, pour combler les lacunes de l’humanité.

 

1.         Tout d’abord, nous devons combler le fossé de la paix.

2.         Deuxièmement, nous devons combler le fossé climatique.

3.         Troisièmement, nous devons combler le fossé entre les riches et les pauvres, au sein des pays et entre eux.

4.         Quatrièmement, nous devons combler le fossé entre les sexes.

5.         Cinquièmement, pour restaurer la confiance et inspirer l’espoir, il faut réduire la fracture numérique.

6.         Sixièmement, et enfin, nous devons combler le fossé entre les générations.

 

Les propos concernant les jeunes sont particulièrement pertinents. Pour Mme Gutèrres, les 1,8 milliard de jeunes d’aujourd’hui hériteront de nos succès et de nos erreurs. Nous devons donc bien réfléchir à ce que nous faisons, et écouter leurs projets et leurs réflexions. Le document « Notre programme commun » prévoit la nomination d’un commissaire spécial pour les générations futures et la création d’un bureau de la jeunesse des Nations unies. M. Gutèrres, annonçant un Sommet pour la transformation de l’éducation, a déclaré que ses contributions seraient d’une importance particulière lors du Sommet de l’avenir, également contenu dans « Notre agenda commun ».

 

Le Secrétaire général a conclu ses remarques en soulignant ce qui doit être l’attitude centrale du monde et des Nations Unies au XXIe siècle : 

 

« La meilleure façon de promouvoir les intérêts de nos propres citoyens est de promouvoir les intérêts de notre avenir commun. L’interdépendance est la logique du XXIe siècle. Et c’est le principe des Nations unies. C’est notre moment. Un temps de transformation. Une ère pour relancer le multilatéralisme. Une ère de possibilités. Restaurons la confiance.  Inspirons l’espoir. Et commençons maintenant.

Kofi Annan

Les différents secrétaires généraux ont été des personnes clés dans la mission de l’ONU au fil des ans. Il ne s’agit pas seulement de leurs rapports sur la situation mondiale ou de leurs discours aux Assemblées, mais aussi de leurs interventions discrètes dans les négociations entre pays. Les secrétaires généraux ont joué un rôle central dans ce que l’on appelle désormais la diplomatie préventive, qui cherche à résoudre les différends entre les pays avant qu’ils ne dégénèrent en violence.

 

Miguel Angel Velasco cmf

Membre de l’équipe clarétaine à l’ONU



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