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L’Agenda 2030 : Point de rencontre FR

par | Juil 12, 2021 | Non classé | 0 commentaires

 

L’Agenda 2030 : Agora de rencontre

Miguel Angel Velasco cmf

Membre de l’équipe clarétaine de l’ONU

 

Je ne savais pas très bien si je devais intituler cet article de blog comme je l’ai fait ou plutôt avec quelque chose comme : « L’Agenda 2030 : Agora de rencontre pour construire un monde post-COVID-19 ». Bien que l’idée que je voudrais exprimer soit cette dernière, elle est trop longue pour un titre. Les deux semaines du Forum politique de haut niveau (FPHN) sur le développement durable comportent des événements parallèles au cours desquels les représentants des nations et des ONG se réunissent pour proposer des moyens de mettre en œuvre l’Agenda 2030. Eh bien, aujourd’hui, 12 juillet, nous avons eu l’occasion d’assister à un « événement parallèle » officiel, au cours duquel deux associations d’entités religieuses ont voulu discuter de leurs réalisations et de leurs projets basés sur l’Agenda 2030. L’une d’elles était REDES, une organisation espagnole d’entités de développement, principalement des congrégations religieuses, et l’autre était jCor, une organisation de congrégations religieuses auprès des Nations unies à New York. 

 

Il s’est agi d’un « événement parallèle » organisé par les ONG que nous appelons « confessionnelles » (FBO) ; nombreuses, tant aux Nations unies qu’en Espagne. Tout aussi important que la rencontre entre le jCor et le REDES, les trois principaux intervenants venaient de domaines différents : Miguel Ángel Moratinos, Haut représentant pour l’Alliance des civilisations (UNAOC), de l’ONU ; Andrés Rodríguez Amayuelas, jusqu’à il y a quelques mois, président de la Coordination des organisations de coopération au développement, de l’Espagne ; Alessandra Smerilli, sous-secrétaire du Dicastère pour le développement humain intégral, du Vatican. L’Agenda 2030 a réussi à faire ce pour quoi il a été approuvé en 2015 par l’Assemblée générale des Nations unies : offrir une agora et un horizon commun aux organisations de toutes origines pour se mettre au travail dans le but de créer un monde meilleur. Dans ce cas, ils l’ont été : Miguel Ángel, issu de la haute politique ; Andrés, venant du monde des ONG et Alessandra, d’un dicastère de la Curie romaine. Que nous ont dit ces trois intervenants exceptionnels ?

Miguel Ángel Moratinos a commencé par souligner l’importance de la collaboration des organisations confessionnelles (OC) et des religions en tant que collaborateurs du système des Nations Unies. Il a insisté sur un élément qui est à la base de l’Agenda 2030 et que nous risquons d’oublier : les 17 ODD sont interdépendants, de telle sorte qu’ils offrent un panorama commun de la direction que le monde doit prendre ; nous ne pouvons pas choisir certains ODD et laisser les autres de côté. Il a également voulu nous laisser d’autres éléments de réflexion pertinents : 

*L’Agenda 2030 ne parle pas seulement de la Planète et de l’environnement, c’est un Agenda pour le développement durable qui place les êtres humains, les cultures et les civilisations au centre de tout, c’est-à-dire, oui, dans un contexte planétaire. 

*L’Agenda 2030 comporte 17 objectifs et 169 cibles excellentes qui offrent un horizon commun, mais il manque de références morales qui devraient être fournies, entre autres, par les religions et en particulier par les OIR à l’ONU. 

* Le COVID-19 n’est pas seulement une crise sanitaire, mais une crise qui révèle les terribles contradictions et incongruités de notre monde ; le COVID-19 a provoqué une crise humaine ; pour trouver une issue positive, nous devons mettre l’être humain au centre de tous nos efforts. 

* Le pape François a reçu des félicitations unanimes lors de la publication de « Laudato Si », mais il n’en a pas été de même avec « Fratelli Tutti » ; la raison pourrait être que cette deuxième encyclique pointe du doigt les défaillances de l’humanité, ce qui la fait dysfonctionner, est injuste et rejette ce qui ne lui sert pas. Nous tous, y compris les institutions ecclésiales, devrions diffuser et réfléchir davantage aux contenus de « Fratelli Tutti ».

 

Alessandra Smerelli nous a parlé d’une pandémie qui n’est pas seulement un problème de santé, mais un problème humain ; de la façon dont les plus vulnérables sont ceux qui souffrent le plus de ses conséquences. Elle a ensuite évoqué l’importance que le pape François a accordée à la collaboration entre tous et aux engagements concrets pour trouver une issue à la crise provoquée par le COVID. Enfin, il a parlé brièvement des 7 objectifs de Laudato Si, qui ont été présentés par le Dicastère pour le développement humain intégral en parallèle et en coordination avec les SDG2030.

Andrés Amayuelas, a commencé par parler de l’excellente expérience qu’il a toujours eue avec les ONG confessionnelles, que ce soit en tant que président de l’organe de coordination de l’Organisation de coopération au développement ou avant. Il a toujours considéré les organisations confessionnelles comme des moteurs du changement social aux niveaux local, national et international. Pour Andrés il est clair que le système économique mondial ne fonctionne pas en faveur de l’humanité, pour présenter cette idée il a apporté à la réflexion différentes citations du Pape François. C’est un système économique qui laisse trop de victimes sur son passage ; un système qui génère également l’indifférence et l’anesthésie face à la douleur des autres ; un système économique de « mise au rebut ». Nous avons besoin, a-t-il dit, d’une nouvelle spiritualité qui « réunisse » réellement les gens les uns avec les autres ; nous avons besoin d’une nouvelle spiritualité qui nous aide à reconstruire les ponts, à guérir les blessures et à construire des horizons pour l’avenir. Les religions, à travers l’histoire, ont été des facteurs de dialogue et de transformation et doivent continuer à l’être.

La réunion s’est terminée par la présentation d’expériences de bonnes pratiques basées sur l’Agenda 2030. Des pratiques de travail concrètes et engagées « sur le terrain », près des gens concrets, comme le font les congrégations religieuses et les FBO (Faith Based Organizations). Comme les Apôtres le disent dans le livre des Actes des Apôtres, « voilà ce que nous pouvons offrir » au reste des religions, aux ONG, aux Nations Unies et aux gouvernements, pour faire avancer l’Agenda 2030 ; toujours main dans la main avec « Laudato Si » et « Fratelli Tutti ».

 

Miguel Ángel Velasco cmf

Membre de l’équipe clarétaine à l’ONU

 

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