CMF Global Citizen UN

Claretian Missionaries – PROCLADE Internazionale

Building a new world

Personnes disparues au Mexique II : la réponse de l’Église et des Clarétains ODD 10, 16, 17

par | Août 16, 2022 | America, Gente, Partners, Paz | 0 commentaires

Personnes disparues au Mexique II : la réponse de l’Église et des Clarétains

Sabás Cristóbal García González, cmf

BA en philosophie, Bachelor Théologie

Master en droits de l’homme et paix.

Équipe de solidarité et de mission MICLA

Province clarétaine du Mexique

Troisièmement, comment cette situation interpelle-t-elle la société civile, les églises et les Missionnaires Clarétains du Mexique ? La question elle-même est complexe. En fait, la société civile a développé deux mouvements sociaux pertinents autour du problème, mais avec des temporalités différentes. Pendant la « guerre sale », le mouvement des proches des détenus-disparus regroupés au sein du Comité Nacional Pro-Defensa de los Presos, Perseguidos, Desaparecidos y Exiliados Políticos de México (plus tard le Comité Eureka !), fondé en 1977, a vu le jour.

Pendant la  » guerre contre la drogue « , le problème de la disparition forcée de personnes a pris de l’importance et a donné lieu à une articulation cohérente des collectifs de proches de victimes suite à l’indignation provoquée par la disparition des 43 étudiants d’Ayotzinapa en 2014, jusqu’à former en 2015 le réseau national et transnational du Mouvement pour nos disparus au Mexique, dont le prédécesseur immédiat est le Mouvement pour la paix avec justice et dignité, qui a émergé en 2011 pendant la période d’intensification de la violence criminelle collective. Actuellement, le Mouvement pour nos disparus est composé de plus de 120 collectifs provenant des 32 États du Mexique et d’Amérique centrale.

Wilhelmus Agato, CMF, en prière avec des parents de personnes disparues lors de la « Journée de prière pour la paix au Mexique » à la paroisse de Notre Dame de Guadalupe, Torreón, Coahuila, (juillet 2022). Photo : Agato, W. (2022).

Ce sont les femmes et les mères qui jouent un rôle de premier plan, dont l’activisme dans la défense des droits de l’homme est interprété en termes de maternité politique et de deuil politisé (García, S., 2022). À ce stade, la participation d’agents ecclésiastiques progressistes et de membres de l' »Église des pauvres » en phase avec les Communautés ecclésiales de base a constitué une partie active de la mobilisation sociale. Une contribution importante au Mouvement des Disparus au Mexique a été apportée dans le diocèse de Saltillo, Coahuila, sous la direction louable de l’évêque émérite Raúl Vera et grâce à l’action conjointe des religieuses, du clergé séculier et de la société civile organisée.

L’action des Missionnaires Clarétains du Mexique face au problème de cette notoriété sociale est « discrète », mais oui, d’un accompagnement, transitoire ou parfois prolongé, aux victimes de la violence pendant les moments de deuil collectif dans l’Eucharistie et les prières communautaires ; accompagnement en personne aux parents des victimes ; canalisation de cas spécifiques à travers les organisations de la société civile ; ou participation directe à un collectif de parents de personnes disparues. Le récent assassinat des jésuites dans le diocèse de Tarahumara, en juin 2022, provoque une fois de plus l’indignation collective face à l’augmentation de la violence criminelle et, par conséquent, de la disparition forcée de personnes.

« Mémoire, vérité et justice » pour les personnes disparues lors de la « Journée de prière pour la paix au Mexique » à la paroisse de Notre Dame de Guadalupe, Torreón, Coahuila, (20 juillet 2022). Photo : Agato, W. (2022).

Dans le contexte de nouvelles spirales de violence, les Missionnaires Clarétains de différentes régions du Mexique se joignent également à l’appel lancé par la Conférence de l’Épiscopat Mexicain (CEM), la Conférence des Supérieurs Majeurs des Religieux du Mexique (CIRM) et la Province Mexicaine de la Compagnie de Jésus, pour promouvoir la « Journée de Prière pour la Paix au Mexique » qui aura lieu en juillet 2022, dont la convocation a quatre objectifs :

  1. Dans toutes les messes […] se souvenir de tous les prêtres, religieux et religieuses qui ont été assassinés dans le pays […] 2. célébrer des messes ou organiser des prières communautaires dans des lieux significatifs qui représentent tous ceux qui ont disparu ou ont subi une mort violente, qu’il s’agisse d’homicides volontaires, de féminicides, d’activistes sociaux […] 3. En tant que signe prophétique de notre Église, prions pour les coupables, prions pour les coupables, prions pour leur vie et la conversion de leur cœur […] 4. [Contribuez] à ce chemin pour la paix, comme les heures saintes, les processions pour la paix, les messages au peuple de Dieu. (CEM, CIRM et Jésuites du Mexique, 2022).

Accompagnement de Sabás C. García, CMF., au collectif des Familles Unies pour la Vérité et la Justice dans le cadre de la Journée Internationale des Victimes de Disparitions Forcées, Ciudad Juárez, Chihuahua, (2021, août). Photo : Segovia, I. (2021).

L’Église, avec les organisations de la société civile, a la mission urgente d’accompagner dans le processus d’accès à la justice les innombrables parents des victimes, qui doivent ordinairement affronter l’épreuve permanente de subir, d’une part, la lacération de la revictimisation et l’indolence des autorités compétentes, et d’autre part, l’indifférence d’une grande partie de la société mexicaine, dont l’attitude ne peut s’expliquer que comme le résultat des nouvelles architectures de la peur établies par les pratiques de terreur contre les individus, les groupes et les populations, en particulier ceux qui sont vulnérables dans des contextes précaires.

Les personnes disparues, les victimes de violences criminelles (homicides/féminicides), leurs familles et les enfants/adolescents orphelins sont sans doute les  » crucifiés  » qui crient, souvent en silence, depuis plusieurs années, à la tâche imminente et décisive de  » réduire significativement toutes les formes de violence  » (ODD, 2015, n° 16.1).

Sabás Cristóbal García González, CMF

Wilhelmus Agato, CMF, en prière avec des parents de personnes disparues lors de la « Journée de prière pour la paix au Mexique » à la paroisse claretian de Notre Dame de Guadalupe, Torreón, Coahuila, (juillet 2022). Photo : Agato, W. (2022).

________________

Basaure-Miranda, I. (2018). El delito de desaparición forzada de personas en América Latina. Ius Humani. Revista de Derecho, 7, 9-36. https://doi.org/https://doi.org/10.31207/ih.v7i0.192

Conferencia del Episcopado Mexicano (CEM), Conferencia de Superiores Mayores de Religiosos de México (CIRM) & Provincia Mexicana de la Compañía de Jesús. (2022, 4 de julio).  Tejer en Cristo nuevas relaciones: de la fragmentación a la unidad. CEM, CIRM, Jesuitas de México.

García, S. (2022). Formas de organización colectiva ante la desaparición forzada de personas. Estudio de caso del Colectivo Familias Unidas por la Verdad y la Justicia de Ciudad Juárez [tesis de maestría, ITESO-Universidad Jesuita de Guadalajara]. Repositorio Institucional del ITESO. https://hdl.handle.net/11117/8122

Lucero, F. (2022, 6 de abril). Un mural para continuar con la búsqueda de Daniel Armando. Yo Ciudadano. https://yociudadano.com.mx/noticias/un-mural-para-continuar-con-la-busqueda-de-daniel-armando/ (Consultado 13 de agosto de 2022).

Objetivos de Desarrollo Sostenible (ODS). (2015). Objetivo 16: Promover sociedades justas, pacíficas e inclusivas. ODS. https://www.un.org/sustainabledevelopment/es/peace-justice/ (Consultado el 12 de agosto de 2022).

Oficina en México del Alto Comisionado de las Naciones Unidas para los Derechos Humanos (ONU-DH México) y Comisión Nacional de los Derechos Humanos (CNDH). (2019). La desaparición forzada en México. Una mirada de los organismos del Sistema de Naciones Unidas. Segunda edición. ONU-DH México; CNDH.

Oficina en México del Alto Comisionado de las Naciones Unidas para los Derechos Humanos (ONU-DH México). (2021, 26 de noviembre). Conferencia de prensa tras la visita del Comité de la ONU contra la Desaparición Forzada a México. https://hchr.org.mx/comunicados/conferencia-de-prensa-tras-la-visita-del-comite-de-la-onu-contra-la-desaparicion-forzada-a-mexico/

Organización de las Naciones Unidas. (1992). Declaración sobre la Protección de todas las Personas contra las Desapariciones Forzadas. ONU.

Ovalle, C. (2019). Tiempo suspendido. Una historia de la desaparición forzada en México, 1940-1980. Bonilla Artigas.

Spigno, I., & Zamora, C. (2020). Evolución de la desaparición forzada en México. Análisis a la luz de la jurisprudencia de la Corte Interamericana de Derechos Humanos. En Ibáñez, J., Flores, R., & Padilla, J. Desaparición forzada en el Sistema Interamericano de Derechos Humanos. Balance, impacto y desafíos (pp. 521-555). Instituto Interamericano de Derechos Humanos; Instituto de Estudios Constitucionales del Estado de Querétaro.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.